On a tous quelque chose de du Bellay

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De Joachim du Bellay, au XVI ème siècle, à Calogéro, en 2018, les poètes, les auteurs, les chanteurs ont tous fait l'éloge du patrimoine familier. Le patrimoine de « proximité », celui qui nous est cher, celui qui immuablement est lié à notre histoire personnelle. Loin du Château de Versailles et autre Tour Eiffel, nous écrivons tous une histoire dans laquelle un édifice, une tradition, une musique... aura sa place en nous et pour nous.

C'est in fine ce que du Bellay nous dit dans ses « regrets »:

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux :
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine,
Plus mon Loire Gaulois que le Tibre Latin,
Plus mon petit Liré que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur Angevine.


Quant à Calogéro, il nous rappelle dans « Fondamental » :

Toutes ces pierres sur lesquelles on se hisse
Et qui font de nous un édifice,
On a tous au fond du mental,
Toutes ses choses fondamentales,
Toutes ces personnes nées dans le passé,
Qui nous poussent et qui nous font pousser.


Depuis toujours, le passé nous rassure et nous accompagne vers l'avenir. C'est bien pour cette raison, que nous devons nous mobiliser contre le mépris de notre histoire et le déni de nos pierres, aussi modestes soient-elles, car elles sont des valeurs de référence.

Le patrimoine de nos territoires est aujourd'hui menacé et il est de notre devoir de se mobiliser pour sa sauvegarde. Aussi modeste soit -il, il fait partie de l'histoire des hommes, de tous les hommes.

Faire tomber une seule pierre dans une petite commune rurale, c'est contribuer à faire tomber la France.

Notre potentiel touristique n'est pas uniquement lié aux « poids lourds du patrimoine », à ces splendeurs nationales qui bénéficient de toutes les attentions.

Non, notre potentiel touristique est aussi lié à tous ces petits lieux qui, de rien, font un tout et il est vraiment temps de s'en soucier et d'agir pour leur sauvegarde, avant que ce tout ne devienne plus rien.